L’ensemble des votes de la nouvelle majorité du Sénat donne en effet une idée assez précise de ce que serait une politique de gauche appliquée au social et à la santé. Il ne s’est pas agi en l’occurrence de détricoter pour le plaisir le texte du Gouvernement, mais de considérer le Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale, comme le premier budget de la Nation, gage de notre modèle social, et donc digne d’un examen inspiré de nos valeurs : la Justice et la Cohérence. Lire la suite
Le passage au Sénat du Projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2012 s’est terminé hier dans la nuit de lundi, ou plutôt ce mardi matin tôt dans la matinée. Malgré le temps imparti vraiment très limité (quelques jours), les sénateurs de gauche ont réussi à rédiger ensemble un nouveau texte ; et l’ont voté.
Celui-ci a une importance toute particulière. Depuis la dernière guerre, la situation sociale de la France n’a jamais été aussi préoccupante ; et la dette sociale jamais aussi importante. Il est nécessaire de stopper cette situation ; et tout le monde est d’accord sur ce point. Pour cela une nouvelle politique intelligente est nécessaire faisant appel aux meilleures volontés, et dans laquelle chacun doit apporter sa contribution afin que la solidarité soit effective et les services fournis les plus efficaces et efficients possible. Cette nouvelle politique doit remettre à plat notre système inutilement complexe ; et elle doit se faire ensemble !
Mes collègues à la gauche de l’hémicycle ont travaillé de concert à l’élaboration d’une alternative à cette situation. 356 amendements ont été déposés par l’ensemble des sénateurs (et en dernière minute par le Gouvernement). Le résultat est un texte plus juste et plus responsable, sans être encore la refonte que nous attendons.
La nouvelle majorité du Sénat a donc largement remanié le texte du projet de loi de financement de la Sécurité sociale :
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Le déroulement du projet de loi de financement de la Sécurité sociale souligne combien la figuration politique de la France se modifie et combien il est enfin temps de changer radicalement de politique. D’un côté le Gouvernement n’est plus majoritaire à la Haute assemblée et ne peut donc plus agir à sa guise comme précédemment, par exemple en nous faisant croire qu’il n’existe pas d’alternative à l’augmentation de la dette de la France. De l’autre le Parti socialiste se doit de rassembler la Gauche et de changer radicalement de politique afin notamment : de sortir de la logique libérale qui place l’argent avant l’être humain ; d’expulser les vieux démons de lobbies puissants qui se soucient peu de la santé des Français ; d’arrêter les manipulations qui nuisent profondément à la démocratie.
352 amendements ont été proposés sur ce projet de loi. Les neuf premiers articles des deux premières parties, témoignant tous de la gestion désastreuse du Gouvernement, ont été supprimés afin de signifier le désaccord de la Gauche avec cette politique qui ne fait que creuser les déficits. Hier soir la troisième partie, concernant les dispositions relatives aux recettes et à l’équilibre général pour 2012, a été entièrement refondée. Des dizaines de nouveaux articles ont été introduits qui stoppent la logique suicidaire du Gouvernement et ses prévisions économiques fausses, injustes socialement et inefficaces économiquement. Mes collègues de gauche et moi-même avons permis la création de nouvelles recettes qui, si elles sont approuvées en dernière instance, permettront un financement plus équilibré ne pénalisant pas les Français et notamment les plus démunis. Nous avons tracé le dessin d’un mode de financement alternatif de la sécurité sociale, plus juste et plus efficace : abrogation des exonérations Tepa qui coûtent 3,5 milliards à la Sécurité sociale ; début de ciblage sur les allégements généraux avec un abattement pour les entreprises faisant un usage abusif du temps partiel ; suppression de l’augmentation de la taxe sur les conventions d’assurance solidaires ; taxation renforcée des retraites chapeau, des stock-options, bonus et parachutes dorés etc.
Le Sénat propose de réduire les déficits. Il ne s’agit pas de créer de nouvelles taxes pénalisant les Français comme l’a fait le Gouvernement en créant des dizaines de nouvelles taxes en quatre ans totalement inefficaces ; mais au contraire en étant plus juste et responsable.
Avant même que les débats sur les articles du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2012 (plfss 2012) soient engagés au Sénat, Valérie Pécresse promet un plfss réctificatif pour dans deux semaines ! Une nouvelle fois le gouvernement dévoile sa politique à la petite semaine, sans vision à long terme, sans engagement de réforme structurelle pérenne, dans laquelle le social est chahuté ainsi que le Parlement et les Français qui toujours semblent être la valeur négligeable d’une politique gouvernementale sans consistance mais qui s’impose en dehors de toute logique démocratique digne de ce nom.
Je suis intervenu à l’hémicycle dès le début de ce projet de loi pour dénoncer des mesures incohérentes qui rassurent les marchés mais pas du tout les Français ! L’année 2010 a marqué un déficit record des comptes sociaux : 23,9 milliards ! Plus d’un doublement par rapport à 2008. On ne résoudra le problème de la dette sociale que par une politique d’ensemble audacieuse et intelligente et non par des réajustements ponctuels.
Je suis aussi intervenu dans la discussion générale sur la partie du plfss 2012 consacrée au médico social et ai déposé neuf amendements (voir ici). Voici mon intervention :
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Le 7 novembre j’ai été nommé membre suppléant de la commission mixte paritaire chargée de proposer un texte sur les dispositions restant en discussion du projet de loi relatif au renforcement de la sécurité sanitaire du médicament et des produits de santé. Elle devrait se réunir le mardi 15 novembre.
La commission des affaires sociales du Sénat s’est réunie hier pour l’examen du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2012 (PLFSS). Mes collègues sénateurs de gauche et moi-même avons largement amendé le texte provenant de l’Assemblée nationale.
Ce PLFSS (comme les précédents présentés par les gouvernements de François Fillon) manque de vision d’ensemble et de stratégie. Il n’apporte pas de garantie à la pérennité du système de protection sociale, en se contentant de mesures comptables de courte vue, parfois injustes et sans stratégie d’ensemble. Il ne prend toujours pas en compte les problèmes structurels notamment ceux mis en lumière par la Cour des comptes : rien n’est prévu pour couvrir les déficits de 2012 (8,2 milliards pour les seules branches maladie et famille) et celui du régime des exploitants agricoles n’est que partiellement financé.
Il est indispensable de revoir le cadrage macro-économique des lois de financement qui n’est plus crédible. Nous ne pouvons nous permettre un nouveau transfert des dettes sur les générations futures. Les perspectives font apparaître un déficit de plus de 10 milliards en 2015 et, partant, la disparition de l’objectif d’un retour à l’équilibre des comptes sociaux, ce que nous ne pouvons admettre.
En commission je suis en particulier intervenu sur le volet médico-social de la branche assurance maladie de ce PLFSS. Mes collègues et moi-même avons à nouveau déploré l’abandon d’une réforme de la dépendance sur laquelle le Président de la République s’était pourtant personnellement engagé. Nous avons souligné l’ampleur des gels des crédits qui affectent ce secteur ainsi que l’insuffisance des enveloppes destinées aux personnes âgées et aux personnes handicapées qui ne suffiront pas à financer les besoins des établissements qui les accueillent. Nous avons insisté sur le déséquilibre des financements qui s’exerce de plus en plus au détriment des départements amenés à supporter des charges sans cesse croissantes.
J’interviendrai à l’hémicycle lors de la discussion générale de ce projet de loi, sur le volet médico-social, afin de désigner six points importants :
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Avec le renouvellement de la présidence du Sénat, de nombreux changements se mettent en place. La Commission des Affaires sociales à laquelle j’appartiens, a choisi comme présidente une sénatrice du groupe communiste républicain et citoyen : Madame Annie DAVID. Le rapporteur général est mon collègue sénateur socialiste Yves DAUDIGNY. J’assure quant à moi le rôle de premier vice-président de cette commission.
La commission des affaires sociales est constituée de 57 membres. 29 sont affiliés à la nouvelle majorité : 21 pour le groupe socialiste, 5 pour le groupe CRC (communiste, républicain et citoyen), 2 apparentés Europe écologie les verts, et 1 pour le RDSE (Rassemblement démocratique et social européen).
Mes collègues et moi-même allons devoir trancher dans la politique sociale du gouvernement actuel.
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Le succès de la gauche aux élections sénatoriales du 25 septembre 2011, notamment dans le département du Morbihan, reflète la désillusion de nos concitoyens face à une politique destructrice et injuste.
Cette victoire nous aidera à proposer les meilleures solutions à toutes les questions liées au domaine social dans lesquelles je me suis particulièrement impliqué au cours des trois premières années de mon mandat (hôpital, retraite, handicap, dépendance, personnes âgées…) et qui, malgré nous, ont du être traitées dans l’urgence à la Haute Assemblée.
Je continuerai bien sûr à participer très activement à l’ensemble des dossiers concernant les personnes les plus fragiles et les petites communes maltraitées par la brutalité des projets technocratiques gouvernementaux, en nous donnant le temps de l’écoute et de la réflexion.
Je remercie tous les grands électeurs qui ont permis cette victoire qui ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire de notre pays.
Une nouvelle fois le gouvernement s’en prend directement aux dépenses de base des Français.
Il est fort regrettable que la majorité n’ait pas adopté le 8 septembre l’amendement des sénateurs socialistes visant à supprimer l’article 3 du projet de loi de finances rectificative pour 2011, portant de 3,5% à 7% le taux de la Taxe sur les conventions d’assurance (TSCA) sur les contrats d’assurance maladie dits « responsables et solidaires ».
Cette nouvelle augmentation de taxe concerne 90% des contrats souscrits par les ménages auprès des mutuelles. Après une première hausse intervenue en 2010, cette nouvelle charge pèsera pour 1,1 milliard d’euros supplémentaires sur les revenus des souscripteurs (souvent modestes). En comparaison pour sa part, la contribution fiscale supplémentaire annoncée sur les revenus des contribuables les plus riches (3% pour les revenus annuels supérieurs à 500 000 euros) rapporterait seulement la somme dérisoire de 200 millions d’euros.
Mes collègues socialistes et moi-même pensons qu’il s’agit d’une mesure d’une grande injustice sociale et d’un mauvais coup porté à l’accès aux soins de l’ensemble de la population dans un contexte déjà alarmant de renonciation aux soins.
Dans le cadre de ses travaux de contrôle et d’information, la commission des affaires sociales a envoyé une délégation en Martinique et en Guyane afin de constater la situation de la santé et du logement dans ces territoires français. Je faisais partie de cette mission. Mes collègues et moi-même venons de publier un rapport présentant les principales observations et conclusions de ce déplacement. Celui-ci est visible ici.