Augmentation du forfait journalier hospitalier

Jacky Le Menn | Mercredi 24 mars 2010 | - Hôpital, - J. Le Menn, Une | Commentaires [RSS] | Rétroliens

Depuis le 1er janvier 2010 le forfait journalier hospitalier (frais d’hospitalisation qu’une personne doit débourser par jour) est passé de 16 € à 18 € (et de 12 € à 13,5  € pour la psychiatrie). Celui-ci remet en cause l’égalité d’accès aux soins pour tous et s’ajoute à une liste de plus en plus longue des « restes à charge » avec : les franchises médicales (sommes d’argent restant à la charge de l’assuré social après remboursement de l’assurance-maladie) de plus en plus élevées, la hausse des cotisations pour les complémentaires santé, les dépassements d’honoraires, les déremboursements de médicaments d’usage courant … qui installent une médecine à plusieurs vitesses et accroissent les difficultés d’accès aux soins.
Plusieurs associations ont dernièrement déposé devant le Conseil d’État un recours afin d’obtenir l’annulation de l’arrêté du Gouvernement mettant en place cette augmentation du forfait journalier. Il est nécessaire de rappeler que pour des raisons de coût, près de quatre Français sur dix en 2008 et 40 % des étudiants en 2009 ont affirmé avoir renoncé à un soin ou l’avoir retardé. Des millions de personnes sont encore sans aucune protection complémentaire (mutuelle ou assurance) pour faire face à l’augmentation du reste à charge sur les dépenses de santé, dont une grande partie de personnes démunies ne pouvant bénéficier ni de la CMU complémentaire ni de l’Aide à la complémentarité Santé, y compris certains allocataires de minima sociaux : comme ceux bénéficiant de l’allocation adulte handicapé dont le montant est pourtant inférieur au seuil de pauvreté. De plus, le forfait hospitalier ne prend pas en compte de nombreux éléments aggravants comme la longueur des hospitalisations, les types de maladies à l’origine de l’hospitalisation (longue durée …) etc. Si on ajoute à cela la suppression de postes à l’hôpital public, les fermetures de services et d’hôpitaux et une réorganisation de notre système de santé favorisant le privé au détriment du service public, on ne peut qu’être préoccupé par le devenir de notre démocratie sanitaire.

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