Crise alimentaire se profilant au Niger

Jacky Le Menn | Vendredi 19 février 2010 | - J. Le Menn, - Questions, Non classé | Commentaires [RSS] | Rétroliens

Le 11 février dernier, j’ai adressé à M. le Secrétaire d’État chargé de la coopération et de la francophonie la question n° 12141 qui a été publiée le 18 février au Journal officiel (voir le texte ici). Cette question a été envoyée avant les soubresauts politiques de ces derniers jours. Elle concerne la crise alimentaire qui est prévue cette année au Sahel. En tant que président délégué du Groupe interparlementaire d’amitié Niger-France, je suis particulièrement sensible à la situation du Niger fortement touché par cette crise (voir par exemple ici un article de l’UNICEF).
Texte de la question : M. Jacky Le Menn attire l’attention de M. le secrétaire d’État chargé de la coopération et de la francophonie sur la crise alimentaire qui se profile au Niger. En 2010, une nouvelle crise alimentaire est prévue au Sahel. Cette région était déjà très fragilisée et, cette année, le problème de la faim risque de s’aggraver, notamment au Niger. D’après le Fonds des Nations unies pour l’enfance, dans ce pays, “plus de la moitié de la population estime avoir moins de deux mois de stocks alimentaires jusqu’aux prochaines récoltes, attendues en octobre 2010″. La production agricole en 2009 n’y a pas été bonne du fait de pluies erratiques qui ont commencé tard et terminé tôt. Des indicateurs de crise ont pu être observés rapidement comme des prix alimentaires élevés et des prix du bétail bas alors que les salaires restent faibles. L’exposition à la faim débute en général entre avril et septembre ; mais, cette fois, dès la fin de l’année précédente, les ménages montraient déjà des signes de vulnérabilité. Les familles vendent leur bétail, et les éleveurs, qui migrent en général en mars pour rechercher des pâturages et de l’eau, sont nombreux à avoir commencé à se déplacer dès novembre 2009. D’après les estimations, les réserves de céréales au Niger connaissent un déficit d’au moins 26 %. C’est pour l’ensemble de ces raisons qu’il est nécessaire d’agir vite dès à présent. L’État du Niger a d’ores et déjà pris quelques initiatives qui ne seront pas suffisantes. Dans ces conditions, il souhaiterait savoir ce que la France compte faire pour venir en aide à la population concernée, en particulier au Niger particulièrement éprouvé par les conditions climatiques actuelles et ayant également à subir une situation institutionnelle largement condamnée par la communauté internationale.

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