Les Bretons, particulièrement dépendants en matière d’énergie, se doivent de mettre en place des solutions donnant à notre région une autonomie énergétique. Les divers Grenelles nous permettent d’aller dans ce sens ; et les élus de notre région sont mobilisés pour cela … Nous avons d’importantes ressources naturelles que nous allons exploiter avec intelligence par l’intermédiaire de moyens de production diversifiés : énergies marine, éolienne, géothermique, cogénération etc. Mon collègue le sénateur socialiste du Finistère, M. François Marc, a posé une question orale au Gouvernement qui insiste sur la détermination des élus bretons à profiter de la chance qui nous est offerte par la prise de conscience liée à : la raréfaction des énergies fossiles, la dangerosité du nucléaire et l’environnement dont la préservation est une volonté de plus en plus prégnante chez nos concitoyens. Voici donc la question telle qu’elle a été posée le mardi 13 octobre 2009 :
M. François Marc, sénateur socialiste du Finistère. - Ma question s’adressait à M. Borloo et je suis honoré que Mme Létard apporte des éléments de réponse sur l’alimentation électrique de la Bretagne. Cette région ne produit que 8 % de l’énergie électrique qu’elle consomme. Ce déficit inquiétant a suscité bien des réflexions. En effet, la situation péninsulaire entraînant des surcoûts pour l’acheminement, des productions additionnelles sont nécessaires pour écrêter les pointes Trois enjeux ont donc été dégagés : la constitution d’un appoint d’énergie, la maîtrise de la demande et la dynamisation des énergies alternatives. Les collectivités bretonnes se sont engagées dans un pacte électrique et ont imaginé des réponses, dont la construction d’une centrale à Ploufragan, dans les Côtes-d’Armor. Cependant, l’État a semblé ne pas le souhaiter. Où en est-on après que l’Ademe a fait connaître ses préconisations en juin dernier ? L’État peut-il relancer le projet de Ploufragan, quelles sont les propositions de l’Ademe sur les innovations technologiques et les sources alternatives compte tenu du Grenelle, d’une part, et des engagements auxquels ont abouti les assises de la mer ? Les collectivités bretonnes attendent que l’État précise ses arbitrages.
Mme Valérie Létard, secrétaire d’État en charge des technologies vertes et des négociations sur le climat. - La région Bretagne est confrontée à des difficultés sérieuses d’approvisionnement en électricité. Sa consommation augmente plus vite que la moyenne de la France (2,4 % contre 1,7 %) et elle ne possède que des moyens de production limités -vous l’avez dit, ils couvrent seulement 8 % de sa production. La feuille de route énergétique pour 2020 souligne cette situation et le Gouvernement a fait procéder à une revue des solutions envisageables. Les économies d’énergie et le développement des énergies renouvelables ne sont pas suffisants ; il faudra de nouveaux moyens de production dans le nord Bretagne, qui se substitueraient aux centrales à fioul, plus polluantes. Cela doit s’inscrire dans un projet intégrant les économies d’énergie avec l’éco-prêt à taux zéro, l’éco-prêt logement social, le développement des compteurs intelligents et les nouvelles filières de valorisation de l’énergie, de la méthanisation à l’énergie marine. Les élus de Bretagne ont pris des initiatives qui conduisent à un positionnement partagé. C’est par la mobilisation de tous et le partenariat que nous pourrons relever ce défi majeur pour la Bretagne.
M. François Marc, sénateur socialiste du Finistère. - Je vous remercie de cette réponse qui ouvre quelques pistes. Je rappelle que l’Ademe propose cinq solutions à mettre en oeuvre rapidement afin d’éviter l’implantation toujours difficile et sensible d’une nouvelle unité de production, parmi lesquelles la cogénération de gaz afin de faire face aux périodes de pointe. Il faut analyser ces solutions de plus près.